Élections 2026: une feuille de route commune pour la transition écologique du Québec

Montréal, le 9 septembre 2026. Six associations unissent leur voix pour porter cinq priorités communes destinées aux formations politiques appelées à gouverner

À moins d'un mois du scrutin du 5 octobre, six organisations qui représentent l'ensemble de la chaîne de valeur environnementale québécoise unissent leur voix. L'Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPER), le Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ), le Conseil patronal de l'environnement du Québec (CPEQ), Écotech Québec, EnviroCompétences et Réseau Environnement présentent aujourd'hui une position commune destinée aux formations politiques appelées à gouverner.

Ensemble, nos six organisations regroupent des milliers d'entreprises, soutiennent des dizaines de milliers d'emplois spécialisés et génèrent plusieurs milliards de dollars en retombées économiques annuelles au Québec. Entreprises de services environnementaux, industries engagées dans la transition, organismes de formation, acteurs des technologies propres, producteurs d'énergies renouvelables et experts issus des milieux académiques, publics et privés : notre secteur est mature, mobilisé et prêt à contribuer activement à l'avenir durable du Québec. Nous croyons que notre poids économique et notre rôle stratégique font de nous des partenaires incontournables de toute vision gouvernementale visant une transition efficace, ambitieuse et innovante.

Les priorités que nous soumettons aujourd'hui ont fait l'objet d'un consensus entre nos organisations. Cette convergence démontre qu'elles ne sont pas seulement souhaitables, elles sont nécessaires, tant pour la protection de l'environnement que pour la transition énergétique et la prospérité économique du Québec.

01 Un régime d'autorisation plus prévisible

Le secteur environnemental québécois est un moteur d'innovation, de création d'emplois et de transition écologique. Mais pour investir, embaucher et planifier, les entreprises ont besoin d'un environnement stable et prévisible. Or, l'application du régime d'autorisation demeure aujourd'hui l'un des principaux freins à la réalisation de projets environnementaux porteurs, en raison de délais de réponse asymétriques et d'une application variable d'une région à l'autre. Si les allègements réglementaires récents représentent des avancées dans la bonne direction, nous demandons au prochain gouvernement de s'engager à accroître la transparence des délais, à harmoniser l'interprétation des exigences entre les régions et à prioriser les projets à impacts environnementaux positifs.

02 Une main-d'œuvre qualifiée, en nombre suffisant

La transition écologique repose sur des travailleuses et travailleurs qualifiés. Le Québec fait pourtant face à une rareté de main-d'œuvre spécialisée qui menace la capacité même du secteur à livrer les projets nécessaires à l'atteinte de nos cibles climatiques, avec des conséquences qui pourraient être graves, pensons à la capacité des villes à opérer leurs installations de traitement des eaux. Nous demandons au prochain gouvernement de s'engager à attirer et à retenir durablement une main-d'œuvre qualifiée, notamment par une stratégie intégrée des compétences, un financement accru de la formation et de la requalification, et des politiques d'immigration économique adaptées aux besoins du secteur.

03 Des programmes d'innovation pérennisés

Des programmes de financement comme Écoleader ont démontré leur capacité à générer des retombées économiques et environnementales significatives pour un investissement public modeste, les 29,1 M$ versés à 1 600 entreprises par le Fonds Écoleader ont généré plus de 160 M$ d'investissements dans l'économie verte. Malgré cette efficacité démontrée, ces programmes demeurent fragilisés par un financement insuffisant et remis en question à chaque cycle budgétaire. Nous demandons au prochain gouvernement de pérenniser ces programmes, d'en bonifier le financement et d'en simplifier l'accès pour les PME.

04 Une définition des matières résiduelles arrimée à l'économie circulaire

La définition actuelle d'une matière résiduelle, héritée d'une époque où l'enfouissement constituait la solution privilégiée, freine aujourd'hui les efforts de valorisation, de réemploi et d'innovation. Des matières pourtant valorisables se retrouvent en position de concurrence défavorable face aux matières vierges, ce qui pousse trop souvent vers l'enfouissement plutôt que vers l'économie circulaire. Nous demandons au prochain gouvernement d'ouvrir une consultation pour moderniser cette définition dans la Loi sur la qualité de l'environnement, en concertation avec les acteurs du secteur.

05 Une vigilance accrue avant toute nouvelle tarification

Les mécanismes financiers ont un rôle important à jouer pour inciter le marché à améliorer ses performances environnementales. Mais performance économique et responsabilité environnementale doivent aller de pair. Nous invitons le prochain gouvernement à faire preuve de prudence avant d'introduire tout nouvel outil réglementaire ou financier, en évaluant rigoureusement son impact cumulatif sur la compétitivité des entreprises québécoises et en assurant une prévisibilité suffisante et un réinvestissement dans les entreprises innovantes.

À l'aube de cette campagne électorale, nous invitons toutes les formations politiques à faire de ces priorités des engagements concrets. Le Québec dispose d'un secteur environnemental mature et mobilisé; il ne tient qu'à nos élus de lui donner les conditions pour déployer pleinement son potentiel.

Les organisations signataires: 

Marie-Claude Bellemare, présidente-directrice générale, Conseil patronal de l'environnement du Québec (CPEQ)

Luis Calzado, président-directeur général, Association québécoise de la production d'énergie renouvelable (AQPER)

Dominique Dodier, directrice générale, EnviroCompétences

Isabelle Dubé-Côté, présidente et cheffe de la direction, Écotech Québec

Mathieu Laneuville, président-directeur général, Réseau Environnement

Kevin Morin, directeur général, Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ)

Le document complet « Une feuille de route commune pour la transition écologique du Québec — Priorités du secteur environnemental, élections provinciales 2026 », est disponible ici.

CONTACTS MÉDIAS: [email protected]


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